| | Faut il en finir avec Mai 68 ? | |
| | | Auteur | Message |
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yve
Inscrit le : 17 Mar 2008 Messages : 17
| Sujet: Faut il en finir avec Mai 68 ? Lun 9 Juin - 12:11 | |
| REPRISE D'UNE DISCUSSION PROPOSEE PAR NJAMA QUI AVAIT ETE UN PEU NEGLIGEE ....
Message de Njama
"Pour Sarkozy, Mai 68 est responsable de tout : du dénigrement de l'identité, du communautarisme, de la faillite de l'école, du cynisme des capitalistes et même des parachutes dorés ! De la campagne qui s'achève, Sarkozy dit carrément : «Ce fut une campagne aux prises avec une crise morale comme la France n'en a peut-être jamais connu, sauf peut-être au temps de Jeanne d'Arc.» Le candidat de l'UMP tonne : «Les héritiers de Mai 68 avaient imposé l'idée que tout se valait, qu'il n'y avait donc désormais aucune différence entre le bien et le mal, aucune différence entre le vrai et le faux, entre le beau et le laid. Ils avaient cherché à faire croire que l'élève valait le maître [...], que la victime comptait moins que le délinquant.» «Il n'y avait plus de valeurs, plus de hiérarchie», lance-t-il, dénonçant la «gauche, héritière de Mai 68 [...]. Dans cette élection, il s'agit de savoir si l'héritage de Mai 68 doit être perpétué, ou s'il doit être liquidé une bonne fois pour toutes». Citation article Liberation Sarkozy dégaine sa haine de Mai 68 Par Alain AUFFRAY 0 avril 2007
" ...sauf peut-être depuis Jeanne d'Arc !" ... Diable, s'y ajoute à son discours une dimension mystico-rédemptrice. Hors de l'UMP point de Salut, qu'on se le dise
Sarkosy n'est pas le seul a vouloir s'en prendre à cette page d'Histoire, l'accablant d'être la cause de tous les maux que notre société connaît. Luc ferry (ex ministre de l'Education) en est un compère anti-soixante-huitard acharné par exemple, un des chefs de file pourfendeur de ces événements historiques, de ce courant libertaire qu'on ne saurait réduire à l'agitation de quelques étudiants maoïstes. J'ai l'impression que cette rhétorique simpliste est une classique du genre "Le bouc-émissaire" ! Injures, sarcasmes, ... qui fleurent mauvais l'autodafé, la lutte idéologique, le retour à l'ordre moral, le retour de la censure, presque le négationnisme. Je m'étonne de ces diatribes vénéneuses qui courent dans l'air de façons impromptues, si inattendues dans cet univers administratif, technocratique qui se prend à jouer les censeurs. Elles sont anachroniques, s'exonèrent du temps écoulé, de leurs propres responsabilités. Je les reçois comme des pavés déterrés qui chercheraient à relancer quelques hostilités. Ma toute récente adolescence a accompagné ces événements, mes vingt ans celle des années 70 et a surfé sur ce "Peace and love", sur cet élan idéaliste qui frise le romantisme (philosophique). j'ai bien assez de mémoire de cet "Avant", si amidonné, tellement empesé pour ne rien en regretter. Non ne regardez pas en arrière, regardez devant-vous !
J'ai trouvé il y a quelques années (donc bien avant cette agitation médiatique) cette belle lettre sur un site "Le Périgourdin" désormais inactif, qui avait d'ailleurs publié une petite pige sympa et très ouverte sur la RA (soi-dit en passant). J'ai malheureusement oublié d'enregistrer le nom de son auteur. j'espère que vous aurez plaisir à la lire.
Les jeunes et 68…
"Il y a 33 ans, j’aurais figuré dans la tranche d’âge de ce sondage. J’étais lycéen dans la proche banlieue parisienne, avant de devenir étudiant à Nanterre. Toute une époque… La sondocratie n’avait pas encore sévi, et elle aurait ignoré les jeunes : comme personne ne nous demandait notre avis, on l’a donné !
Comment comparer avec la jeunesse actuelle ? À l’ex-jeune de 68, elle inspire une certaine admiration, mêlée d’une relative déception ; dans les deux cas, elle n’en est pas responsable.
De l’admiration pour son dynamisme, face à une société vieillie, qui ne lui propose ni projet, ni enthousiasme : quelle place pour l’idéal, dans un monde où l’objectif consiste à trouver un boulot peinard et bien payé, où l’intégration et la consommation tiennent lieu de rêve ? Même " Imagine " a été odieusement détourné pour une publicité bancaire !
De l’admiration pour sa capacité à exister, face à une société flasque, incapable de lui fournir des repères, faute d’autorité. Les démagogues paraissent toujours soucieux de comprendre la jeunesse, pour mieux la récupérer dans la publicité, et lui vendre de l’aliénation. Comment supporter ces parents souvent trop vieux, toujours prêts à repousser un peu plus les limites de leur inconsistante autorité, afin de se déculpabiliser de leur incapacité à transmettre une éducation?
De la consternation en évaluant son appauvrissement culturel, considérable malgré les affirmations des démagogues et l’autosatisfaction des (ir)responsables qui sévissent au Ministère de l’Éducation – inamovibles quel que soit le gouvernement. En gérant l’école à coups d’audimat, ils nous concoctent des générations de consommateurs amnésiques.
Et surtout de la peine en constatant la disparition prématurée de l’enfance. Paradoxalement, ces jeunes, qui s’incrustent de plus en plus tard chez leurs parents, n’en profitent pas pour cultiver plus longtemps la fraîcheur de l’enfance. Avant même l’adolescence, ils adoptent une mentalité d’adulte pragmatique et de consommateur averti, alors que se prolonge un état de dépendance matérielle qui devrait leur libérer l’esprit. Nous devenions autonomes bien plus tôt, et nous restions enfants bien plus tard.
L’explication semble évidente : la société actuelle serait beaucoup plus dure. Pour les adultes peut-être ; mais pour les enfants ? Avant 68, on ne prenait pas la parole à table, on recevait des raclées à la maison, mais pas d’argent de poche, on allait à l’école et en fac à pied, en deux-roues ou par les transports en commun, on redoublait fréquemment une classe, le service militaire obligatoire s’effectuait loin de chez soi, le bac ne concernait que 20 % d’entre nous, et les autres passaient le certif’ avant d’aller en apprentissage se faire botter le c…
Mais nous avions la chance de ne pas avoir d’ordinateurs, pas de téléphones portables, et pas de télé, ou si peu. Au lieu de consommer passivement du virtuel lyophilisé et du divertissement industriel, calibrés à coups d’études de marché, nous étions obligés de nous coltiner le réel, de pratiquer l’abstraction, et d’élaborer nos propres rêves. Sans copier-coller, dupliquer, scanner, graver, sampler, surfer, photocopier, numériser, compresser ni zapper ; sans ces aides stérilisatrices, ces faux amis manipulateurs qui nous ont fait passer de la création à la reproduction. Cette société vous vend le superflu, plutôt que de vous donner le nécessaire. Pour vous, elle aplanit les difficultés, contourne les obstacles, efface les contrariétés, au lieu de vous enseigner à les affronter. Elle retarde l’instant où les illusions de cet univers ectoplasmique s’estomperont pour vous laisser désarmés face au réel: ce jour-là, elle vous aura retiré le statut de jeunes.
Non, la société actuelle n’est pas dure avec ses jeunes : pire que cela, elle fait peser sur eux le poids de ses craintes, ses impuissances et ses mauvaises consciences.
Le paradoxe, c’est que 68 peut être indirectement tenu responsable des travers actuels. Car nos valeurs ont été perverties par les marchands et les médias – sans omettre leur monstrueux rejeton, la publicité, et leur otage, la politique. Ainsi, anticonformisme, altruisme et autodiscipline, ont respectivement dégénéré en individualisme, consumérisme et laxisme.
Jeunes d’aujourd’hui, ne mollissez pas ! Recevez les encouragements sincères d’un ex-jeune de 68, qui préfère incarner un vieux con authentique plutôt qu’un flatteur hypocrite." [b] |
|  | | yve
Inscrit le : 17 Mar 2008 Messages : 17
| Sujet: Re: Faut il en finir avec Mai 68 ? Lun 9 Juin - 12:16 | |
| message de frére Michel Dim 11 Mai 2008 - 14:45
J'ai vécu Mai 68, j'avais alors 39 ans, habitant Lyon et partagé entre Lyon et Bourges où habitait ma fiancée, Christiane, avec laquelle nous allions nous marier en juillet de cette année-là (40 ans de mariage en 2008). Je voyageais beaucoup alors en France et je n'ai rien vu, je peux dire pour ainsi dire rien vu de ce qu'on appelle Mai 68. Chaque jour on entendait parler à la radio de ce qui se passait à Paris... et encore, dire Paris, c'était beaucoup dire, car tout se passait uniquement dans le Quartier Latin.
Un jour de Mai, Christiane à Bourges me dit: "J'aimerais vous offrir quelque chose de particulier pour notre mariage"et je lui répondis: "Vous vous offrez à partager ma vie, que puis-je espérer de plus?" Elle continua: "Disons... quelque chose de matériel, un objet, quelque chose qui reste et dont on puisse dire: C'était pendant nos fiançailles..." Alors je di: "L'édition complète en neuf volumes du Grande Robert vient de paraître. Si ce n'est pas trop demander, offrez-la moi!" Sitôt dit, sitôt fait. Nous partons de Bourges à Paris, seul endroit où le Grand Robert pouvait être acheté et nous arrivons dans le Quartier Latin où j'avais fait une partie de mes études, boulevard st-Michel pour acheter l'ouvrage chez Gilbert Jeune. Et nous tombons sur deux voitures incendiées et quelques agitations du côté de la Sorbonne. Ce fut tout ce que nous avons vu, mais ces images ont fait le tour du monde comme si c'était toute la France qui était en flamme. Rien n'était plus faux, quelques hectares de Paris, rien de plus, n'a vu la soi-disant "révolution de Mai 68." Nous sommes repartis avec nos cartons pleins des gros volumes du Grand Robert et sitôt passé la Seine tout était normal, Paris vivait comme d'habitude.
Mai 68 pour moi, ce n'est qu'une affaire de journalistes et une occasion de parler de choses qui en fait n'ont jamais existé. Je n'ai jamais compris que de Gaulle se fût ému de ce tout petit tintamarre. Je me souviens quand même d'avoir rencontré quelques étudiants à Lyon qui me demandèrent avec arrogance mon avis sur la "révolution"? Je répondis: "C'est une jeu de petits bourgeois. Vous jouez aux "révolutionnaires", rien de plus. Dites-moi que vous exigez qu'un petite paysan pauvre de la Lozère, qui n'a que très peu de chances de faire des éudes supérieures, ait autant de droit (et l'argent avec) de devenir notaire ou ingénieur ou médecin qu'un petit bourgeois de Nantes ou de Lyon ou de Strasbourg et je vous dirai: OK, je vous suis! Mais ce n'est pas ce que vous demandez. Vous demandez que l'élève ait le pas sur le maître, que celui qui ne sait rien domine celui qui sait, vous êtes complètement fous ou inconscients!" Ils me regardèrent, ahuris. Pour moi, Mai 68, ce n'est rien, rien qu'un peu de "bruit"
Je profite de ce post pour dire que j'ai reçu voilà quelque temps une invitation à aller ailleurs retrouver ailleurs les participants ee "l'Abeille" qui, ai-je cru comprendre, cessait d'exister. Je suis tombé sur un site dont je ne me souviens même plus du nom: "Spiritualité(s)"? Je n'ai rien compris au fonctionnement de ce site-là et je n'ai même pas pu y entrer, même après m'y être enregistré. Et je m'aperçois qu'en fait "L'Abeille" continue d'exister. Que se passe-t-il? |
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